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jeudi, 25 octobre 2007
1- PUISSANCE DU MYTHE ET INNOVATION
Puissance du mythe et innovation
S’éveiller ensemble ... grâce au modèle du Héros
Les mythes ou les contes invitent à essayer des démarches résolutoires en intelligence avec le Tout : David terrasse Goliath, Hercule nettoie les écuries d’Augias en un jour, le Chat Botté fait d’un meunier un roi... Ils racontent les défis et problématiques que nous pouvons rencontrer et les coups de génie possibles pour les résoudre. Et ils nous les présentent sous formes de modèles à imiter, avec leurs clés actives. L’intérêt du recours aux contes est de ranimer le dynamisme et le goût à voir en grand, à vouloir et pouvoir plus.
Traverser les archaïsmes par la puissance créatrice de l’intelligence archétypale
Les mythes mettent en scène les grands archaïsmes de la condition humaine, proposant des ressources universelles pour les traverser. Par exemple, la mort qu’on se représente comme la fin, en ressource archétypale devient renaissance, la relation à l’autre comme enfer, devient interdépendance et réciprocité, la perte qu’on voit comme échec, mutation, etc.
Si l’archaïsme s’impose à nous comme représentation, l’archétype, lui, jaillit comme une inspiration soudaine, et propose une puissance de sens qui tranche radicalement avec nos conditionnements. Le but des mythes est de régénérer notre vision du monde par la puissance des grands principes universels.
Trouver l’archétype qui résonne avec l’entreprise et la régénérer dans la source de Sens
Dans le concret de notre quotidien, est-il possible de régénérer nos projets, nos entreprises, nos actions dans cette source de SENS ? Est-il possible de transformer par exemple une perspective de déroute et d’échec en mutation et nouveau départ, avec toute l’énergie inspirée d’un sang neuf ? Bref, est-il possible de transformer une expérience ordinaire en un mythe irrésistible ?
C’est la proposition de la méthodologie Horaklès : Trouver l’archétype qui résonne avec l’entreprise et y plonger son besoin ou sa problématique pour la régénérer dans son pouvoir d’universalité, à la façon dont l’artiste va se ressourcer dans les chefs d’oeuvre.
Des coups de maîtres exemplaires
Les mythes ou les contes sont des narrations de coups de maître exemplaires inspirés de ces archétypes, présentés pour être imités et reproduits, dans des contextes similaires. Alexandre dormait avec l’Illiade sous la tête et c’est à la source des mythes qu’il a alimenté cette vision de la rencontre de l’Orient et de l’Occident qui, en 15 ans, l’a mené de la perse à l’Egypte, ouvrant à Rome la voie de l’unification du monde antique. Henri IV, s’est montré comme un nouvel Hercule dans la pacification de la France qu’il arrachait aux guerres de religion, abjurant son protestantisme pour le bien de tous. Une entreprise de la grande distribution, comme nous allons le voir, s’est donné l’étendard du « Comme si » des héros qui parient sur le principe de Désir pour rallumer leur flamme. Ces histoires peuvent être inspirantes au possible, quand on s’y projette de toute la force de sa volonté d’innover. L’imaginaire y trouve une stimulation d’autant plus puissante que tous peuvent s’y reconnaître facilement et en rallier le modèle, ouvrant à des possibilités d’intelligence collective créatrices en prise avec l’air du temps et les tendances émergentes.
S’éveiller à l’inspiration archétypale
Malheureusement les mythes sont trop facilement pertinents, dans leur évidence et leur simplicité, et on les délaissent. Leur pouvoir, en fait, ne se communique que par résonance et à condition de les vivre Leur pouvoir actif ne peut être mis en oeuvre qu’en créativité et par jaillissement de l’inspiration.
Ainsi, entrer dans le labyrinthe avec le fil d’Ariane pour aller en découdre avec le Minotaure peut paraître une idée simple et banale. Pourtant elle suppose une inspiration déterminante : celle d’Ariane qui trahit son père et brave tout pour Thésée, lui faisant don d’un fil indestructible. D’où lui est venu un tel courage ? Qu’est-ce que ce fil indestructible ? Quelle ressource universelle y a-t-il là ? A quoi cela renverrait-il dans nos propres vies si nous vivions quelque chose de similaire… les conditions abusives d’un marché, par exemple, à la ressemblance de ce tribut que le roi Minos impose à Athènes ? Par quelle habileté créatrice pourrait-on découvrir un tel fil conducteur, avec lequel nous serions à même de relever le défi de la problématique qui nous met en danger ?
De même l’épopée des douze travaux d’Hercule n’est qu’une succession de prouesses démonstratives un peu lassante, si l’on oublie l’inspiration qui en est l’origine : l’oracle de la prêtresse de Delphes l’enjoignant de se mettre à la disposition de son cousin et de se soumettre à toutes ses exigences afin de se purifier du crime d’avoir assassiné toute sa famille.
Fonctionner en génie collectif et innover
Ces inspirations originelles, chaque fois, donnent au mythe son fondement principiel, sa puissance archétypale, une ressource illimitée à laquelle le héros puise pour élever son action au niveau de la prouesse créatrice, et où nous-mêmes nous pouvons nous régénérer, donnant à nos initiatives du génie. C’est pourquoi mettre au jour, pour une entreprise ou un projet, le mythe qui résonne avec son intelligence collective, c’est lui offrir la possibilité de fonctionner en génie collectif et de rejoindre les courants créateurs émergents avec lesquels innover en rupture.
Le Jeu de la voie des contes
La méthodologie Horaklès utilise pour cela un répertoire de contes, le Jeu de la voie des contes, rassemblés selon leurs clés archétypales, un peu comme les 64 hexagrammes du Yi King, que l’on interroge et qui permet, par intuition, de mettre au jour l’archétype fondateur du projet ou de l’organisation, le génie de son intelligence collective. Modélisé ensuite sous forme d’un jeu d’innovation, il peut être utilisé dans toutes les démarches de création de l’entreprise ou de développement du projet, permettant de fonctionner en intelligence avec le Tout, à la manière du Héros.
Le jeu est une sorte de narration de l’archétype, comme peut l’être la narration d’un mythe, d’un conte ou d’une tragédie, mais praticable tout de suite. C’est une sorte de matrice d’expérience collective qui peut être déclinée ensuite sous de nombreuses formes : définition de la macro compétence de l’entreprise, de sa dynamique collaborative, de son image institutionnelle, de son ouverture à l’innovation ascendante, de son identité sociétale... Cette matrice peut renouveler la culture de l’entreprise de fond en comble et lui donner une nouvelle jeunesse, créatrice de sens et de destin.
12:55 Publié dans Groupes Horaklès d'Intelligence Collective | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
